(ANTI)MONDES


 
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 Blackest is the bird, Darkest is the dream...

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Hénath Wyrd NØrn

Messages : 16

Blackest is the bird, Darkest is the dream... _
MessageSujet: Blackest is the bird, Darkest is the dream...   Blackest is the bird, Darkest is the dream... Icon_minitimeJeu 23 Aoû - 22:49




J'ai fais un rêve. Un papillon de nuit, immense, bien plus grand que mes deux paumes réunies. Fascinant et effrayant à la fois. Piégé dans une pièce close. J'ai tendu les mains vers lui pour le guider vers la fenêtre ouverte. Effrayé, son dard est venu transpercer la peau de mon index. Je l'ai doucement décroché de ma chair pour le laisser s'envoler. Une poche noirâtre s'est formée sur la petite plaie. J'ai voulu faire sortir le venin en pressant la peau avec mon autre main et sais-tu ce qu'il en est sortit? Des ronces. Épaisses et presque gluantes. Pourtant, malgré la douleur, je continuais à vider la poche de venin, déversant à mes pieds des mètres et des mètres de ronces, comme si elles venaient de mon corps tout entier, avaient vécus des années entières dans mes veines. J'ai passé des heures à purger mon sang de ces noires branches qui, une fois au sol, ondulaient tels des tentacules avant de mourir.


Encore une fois.


J'avance et je m'étouffe. J'ouvre la bouche et aperçoit quelque chose d'étrange et de gluant qui, aussitôt, tombe au sol. Une boule gluante, violet étrange, comme un cerveau à peine sortit de sa boîte crânienne et, tout autour, de minuscules ventouses. Accrochée depuis des années, trop d'années. Elle n'est point seule. Au fond de ma gorge, une autre boule remonte et rejoint la première.

J'étouffe.

Sur ma langue, je distingue une forme fine et étrange. Je la saisis entre deux doigts et une douleur fulgurante me parcoure l'épaule et la poitrine du coté gauche. D'un coup sec je tire et ôte de mon corps une espèce de scorpion que je tiens désormais par la queue.. L'image de la petite créature d'Alien me vient à l'esprit : même taille, même type de forme. La douleur de son départ involontaire me brûle la poitrine, mon épaule est engourdie. Un poids s'ôte de mes poumons et je tente de happer l'air à grande goulées. Autre chose gène sur ma langue, comme si un serpent tentait vainement de ne pas quitter ma gorge. Je tente de tousser mais en oublie le processus. Je tente à nouveau, je tousse pour le faire remonter et le cracher, je tousse mais j'étouffe encore. Mes doigts se referment sur le bout de cette queue gluante pour la tirer de là mais elle se rompt sous mes ongles.

J'étouffe, je tousse et...


Je m'éveille. Je respire mais à peine. Mon inconscient tente de me buter.

Elle se lève et se dirige vers la salle de bain pour passer de l'eau sur son visage. Elle tousse encore, par automatisme sûrement, par crainte que tout ceci ne soit vrai. Elle se penche et laisse le filet d'eau couler sur ses yeux avant de se redresser de sa position inconfortable. Pendant quelques minutes, son reflet la contemple dans le miroir. Lorsque ses yeux se posent sur ses mains qu'elle lave pour les rafraîchir, ils s'attardent sur la petite marque rouge située sur son index.

Son regard se porte autour d'elle, à la recherche d'un papillon de nuit...


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Le Clown

Messages : 106
Humeur : Ivre de souffrance

Blackest is the bird, Darkest is the dream... _
MessageSujet: Re: Blackest is the bird, Darkest is the dream...   Blackest is the bird, Darkest is the dream... Icon_minitimeDim 2 Sep - 18:15

Est-ce que cela fait six mois ? Ou alors plus d'un an ? Je ne sais plus et je me demande pourquoi je me pose une telle question alors que je n'arrive plus à m'ancrer dans ce temps qui passe et me trépasse. Je ne suis plus qu'une coquille qui a tenté de se couper les veines. Pourquoi ?

Il est là. Une figure énigmatique de la couleur de l'albâtre sur un fond de décor de jais et flouté. Son corps n'est que le réceptacle des pensées de ceux qu'il côtoie. Il est plus qu'une coquille vide lui...

Est-ce que j'ai eu beaucoup d'amis ? Est-ce que j'en possède encore ? Décidément, ma cervelle veut travailler aujourd'hui... Pourquoi ne peut-elle pas me laisser seule avec mes frustrants sentiments ? Je ne demande qu'à ce que l'on me laisse tranquille. Parce que je ne peux pas leur parler de lui. Du Clown...

Assis sur son trône d'os humains et de restes de créatures aussi inimaginables que les sons et les couleurs de Lovecraft, il patiente. Il souffle et s'ennuie. Et de sa bouche, c'est un brouillard glacé où viennent s'entremêler les toiles d'araignées...

La chute est dur. Mon lit n'est qu'un vulgaire matelas que j'ai ramassé dans la rue. Il est dur et usé jusqu'à la moelle. Comme moi en fait... Mais ce matelas est ma Porte de l'Enfer de Rodin. C'est mon Miroir d'Alice. C'est la petite amie parfaite des drogués : la Marie-Jeanne. Bref, c'est ma façon de quitter ce morne monde...

Les iris du Clown se meuvent très rapidement dans un coin qui se trouve à l'extrémité de sa vision périphérique. Il a vu une ombre bouger parmi cette mer de ténèbres qui baigne les marches au nombre infini qui conduit à son trône.

Quelque chose vient de bouger ! Non, cela n'a pas bouger, cela vient de voler ! Et cela n'est pas seul. Cela est légion. Des centaines et des centaines de papillons noirs. Des créatures d'une taille incroyable et qui ranime la froide flamme qui n'était plus que braises au fin fond des yeux du Clown.


Le réveil est brutal. Les images encore nettes. La vision parfaite. Tellement parfaite que je voies encore la nuée de papillons noirs géant voler d'un bout à l'autre de sa chambre. C'est si magnifique que de noirs lames coulent de mes yeux. Je ne les essuie pas. J'aime cette gluante humidité sur mon épiderme.

Puis les monstres disparaissent. Le dos de ma main essuie cette noire joyeuseté. Mes yeux fixent la matière de jais. Je ne sais pas ce que c'est. Je ne sais pas comment cela a-t-il pu se produire. Mais je m'en fiche ! Je me sens vivant. Un sourire est né sur mon visage et mon cœur bat à nouveau d'une motivation nouvelle :

Je dois découvrir ce que veulent dire ces noirs papillons !

Du souffle glacé et arachnéen du Clown, de petites créatures aux huit pattes poilus accélèrent vers la source de ces toiles hivernales. Arrivé sur ce corps non doué de formes et de contours, les araignées courent sur son corps et bavent de leur fil de soie.

Le Clown se retrouve rapidement englué sur son trône d'os. Sa respiration est si basse qu'elle pourrait être celle d'un mort qui se réveille après un millénaire de sommeil. Son cœur bat une fois tous les jours et sa peau bouge et globule. Elle se contracte et s'étire. Le noir s'insinue sous la peau et court jusqu'à son point de destination. La nuée noire est comme un liquide se diluant dans une eau trop claire. Une peau trop blanche et diaphane.

Des chaînes jaillissent du néant, de la mer d'obscurité telles les tentacules d'une pieuvre. Elle traverser le maigre et fragile corps du Clown comme la boîte du magicien est traversé par des épées à la lame effilée.


Je me réveille à nouveau. Et je n'ai plus qu'une hâte : que cette infatigable et ennuyante journée se termine et m'épuise. Je ne désire plus qu'une chose. Retourner sur mon matelas de pierre et assister à l'éclosion du Clown !

Au nouveau Papillon Noir.

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"Rien que la cadence des phrases, la monotonie subtile de leur musique, si pleine de refrains complexes et de mouvements répétés avec raffinement, produisaient dans l'esprit du jeune homme, à mesure qu'il passait d'un chapitre à l'autre, une forme de rêverie, une intoxication onirique, qui lui fit perdre la conscience du déclin du jour et de l'arrivée furtive des ténèbres."

Extrait du chapitre 10 de Le Portrait de Dorian Gray
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Opium

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Localisation : Dans tes songes.
Humeur : Exaltée.

Blackest is the bird, Darkest is the dream... _
MessageSujet: Re: Blackest is the bird, Darkest is the dream...   Blackest is the bird, Darkest is the dream... Icon_minitimeVen 14 Sep - 23:50

Toujours le même rêve. Incessant. Gluant. Puant. Céladon. Comme l’Eau. Je déteste l’Eau. Pourquoi ? Bougre… Elle me hante ! Me glace ! Jusqu’à sa couleur me répugne… Surtout, ça couleur… Et son odeur, son âpreté. Tout chez elle m’insupporte.
Et elle me hante. J’en rêve. Je rêve de ses replis qui me couvrent, m’engloutissent, et me laissent pourrir au fond de sa gorge putride, au milieu des autres cadavres. Sous sa nappe.
Je rêve de son clapotis, qui vient éclabousser de sang le bout de mes pieds, qui vient asperger tout mon corps de cette substance immonde, impure ! J’en ai plein le visage !

Et mon visage… Comme il était beau… Voilà qu’il s’effrite ! Il s’effrite et laisse place à la chair, au muscle tendu des mâchoires que je ne reconnais plus. Les dents, saillantes, sont visibles et semblent trahir cette douce harmonie de rouges à vif. Non, pas tout à fait. Les yeux encore vivants, qui roulent en tous sens et cri en silence leur douleur.

Je ne supporte plus. Cette douleur. Elle transperce le corps, martèle mon esprit, ne me laisse pas en paix… Je ne suis pas en paix. Je me sens percée de toute part, violée dans mon sein ! Personne ne peut m’aider… Je suis seule, à jamais recouverte par la nappe de l’Eau qui me tue, qui aspire toute mon essence vitale.

Le calme se fait soudain. Je ne sens plus que mon cœur battre doucement. Presque… Calmement.

Je n’ai jamais eu d’essence vitale.

Je peux donc mourir en paix ? Puisque mon âme est déjà loin. Je ne peux être salie, puisque je suis déjà partie…

Je me réveille en sursaut. Mon front perle, et à l’opposé de mon lit une énorme vague de l’Eau de la Seine semble vouloir m’engloutir. Elle ouvre grande sa gueule et je peux y voir au fond mon corps déjà décomposé et violé de toute part !
Mais je ne rêve plus. Le réflexe est de fermer les yeux et de rabattre mes bras sur mon visage. Surtout, qu’il ne s’effrite pas…

Mais rien ne se passe. J’ouvre les yeux… Un énorme papillon noir vole dans la pénombre.

Je ne sais plus tout à coup si je rêve encore, ou non. Je ne sais plus tout à coup si je suis vivante, ou non. Pourtant je croyais m’être noyée. Ma tête est lourde. Suis-je en Enfer ? Le mien, peut-être… Et surement le pire de tous…
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Le Clown

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Humeur : Ivre de souffrance

Blackest is the bird, Darkest is the dream... _
MessageSujet: Re: Blackest is the bird, Darkest is the dream...   Blackest is the bird, Darkest is the dream... Icon_minitimeMar 9 Oct - 23:51

Je me trouve dans une petite boutique vendant tout ce qui a trait à la culture. Il y a ici des coffrets DVD aux prix alléchants, là-bas les dernières nouveautés en matière de thriller de Maxime Chattam. Mais ce qui m'intéresse aujourd'hui est un CD : Above du groupe Mad Season. Un unique album dont Laine Staley, le chanteur d'Alice in Chains y participe. Sa voix, et par conséquent sa musique est triste, noire, mélancolique. Parfaitement ce que j'aime, ce que je ressens et ce que je recherche.

Pendant ce temps, le Clown continue sa gestation dans son cocon transpercé de chaînes rouillées. Il est conscient que son corps évolue et suit une voie qui reflète les cauchemars de sa prochaine victime. Il y a si longtemps qu'il a arpenté les anti-terres de l'anti-monde que ses mains en tremblent d'excitation !

La sociabilité n'est pas ma spécialité. Au fond de moi, je sais qu'il faudrait que je me trouve des amis qui partagent mes points de vues mais... je ne sais comment faire pour les trouver. Leur adresser la parole. Tenir une conversation. Tout cela est difficile pour moi. C'est comme si la Nature ne m'avait pas pourvu de ses armes. De ses habilités.

*Ca doit donc vouloir dire que j'en possède d'autre, non ? A moins que le monde soit vraiment pourri et qu'il n'existe aucune égalité, aucun principe de balance ? *

Je baisse la tête et m'empare du CD de Mad Season.

*Je vote pour la seconde option... *

Des ténèbres qui baignent le trône impossible du Clown, de noirs papillons déchirent l'hymen de cette créature informe et sans voix qui ne répond pas des lois physiques du monde. Les petits créatures se dirigent vers le cocon. Plus elles avalent les marches de leur ombre, plus leur taille augmente. Plus elles se multiplient et plus leur corps se déforme. De minuscules et nombreuses bouches se forment sur leur tête, leur corps ou encore leurs ailes. De minuscules bouches garnies de crocs aiguisés qui déchiquètent la prison du Clown.

Je repose le CD sur le présentoir et sort mon porte-feuille. L'argent est en nombre suffisant, je peux donc accéder à mon plaisir. Profiter de nourritures inutiles qui nourrissent l'esprit alors que mon corps, souffrant de ma folie et de mes séjours hospitaliers, requièrent et demandent de la nourriture solide.

Mes pas m'emmènent déjà vers le vieillard ronchonnant à la caisse alors que ma tête ne s'est pas encore relevé. L'incident est inévitable et la collision déconcertante. Absorbé dans mon monde tristesse et de laissez-aller, je m'effraie d'un contact humain. Je sursaute et... tombe à la renverse.

La honte me claque le visage et je ne peux m'empêcher de penser :

*Seul un clown tomberait avec cette intensité dramatique. Je suis à peine rentré dans le papillon... Quoi ?! *

Je lève alors les yeux vers ce qui m'a fait tombé.

Et alors je voie un papillon noir et immense.

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"Rien que la cadence des phrases, la monotonie subtile de leur musique, si pleine de refrains complexes et de mouvements répétés avec raffinement, produisaient dans l'esprit du jeune homme, à mesure qu'il passait d'un chapitre à l'autre, une forme de rêverie, une intoxication onirique, qui lui fit perdre la conscience du déclin du jour et de l'arrivée furtive des ténèbres."

Extrait du chapitre 10 de Le Portrait de Dorian Gray
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MessageSujet: Re: Blackest is the bird, Darkest is the dream...   Blackest is the bird, Darkest is the dream... Icon_minitime

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